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Musique, Théâtre

Une rentrée Théâtrale...

Sur mon agenda de spectacle, septembre feuilles cornées

samedi 20 septembre 2008, par Pierre Daubigny

Chers amis,

Chez la plupart d’entre nous au mois de septembre, rien ne remplace l’odeur des protège-cahiers neufs. En vain nous voit-on renifler çà et là le nez au vent, quêter au pied des arbres le parfum poussiéreux des tas de feuilles mortes dans l’espoir secret d’y découvrir notre ballon coloré d’enfance. Un gardien de parc nous tient à l’œil et se méfie des pervers : l’âge adulte n’aime pas le nez, ou alors seulement dans des rituels olfactifs à base de vin, de bouffe le petit doigt en l’air. Mais ce plaisir animal de flairer, à peine accepte-t-on de le retrouver au seuil de la nuit et de la chambre à coucher. Le poids des ans a remplacé celui du cartable.

Bref.

Que peut-on voir de beau dans les salles de spectacle ces derniers temps ? Puisqu’il paraît que je ne parle pas assez de ce que je fais – comme si le faire n’était déjà pas assez – certains spectacles sont suivis d’un astérisque. Ce qui indique que j’y participe, au titre d’éclairagiste ou de régisseur. D’autres spectacles sont précédés de la mention « (à voir) », ce sont des spectacles que je vais aller voir parce que j’ai déjà été séduit par le travail de l’auteur et/ou du metteur en scène.

Je serai toujours là pour te tuer, Théâtre le Funambule

C’est l’histoire des engagements intenables, des accidents de la vie. Elle (Hellen) n’arrive pas à se tuer et l’engage, lui (il s’appelle Simon, mais elle l’appelle Nestor), pour le faire. Tueur à gages, il n’a jamais fait, mais il est des vocations tardives. Il promet, il va le faire, il ne tient pas – ah si il va le faire. Il va toujours le faire, mais…

J’ai déjà recommandé plusieurs fois cette belle pièce de Sophie Tonneau, publiée chez l’Harmattan. Elle tourne dans de petites salles à Paris depuis deux ans et semble se plaire au Funambule (Paris 18e) puisqu’elle y revient du 20 septembre au 31 décembre. Tous les samedis et dimanches à 18h30 jusqu’au 2 novembre. Lundi mardi mercredi à 20h du 3 novembre au 31 décembre. Pour ne pas vous tromper, mieux vaut réserver au 01 42 23 88 83.

Théâtre Le Funambule
53 rue des Saules, 75018 Paris
Métro Lamarck-Caulaincourt
tarif plein 18 euros, tarif réduit 12 euros, étudiants et habitants du 18ème 10 euros.

Nada Strancar chante Dessau/Brecht, Théâtre de la Colline

Au coin de mon Agenda se cache une peine. Une peine énorme. A l’heure où je vous envoie ces lignes, je ne sais presque rien de l’état de santé de Nada Strancar, victime d’un grave malaise durant la représentation d’hier. Je recommande à tous d’aller voir ce spectacle d’une beauté presque recueillie, on ne s’y lâche pas, mais on y pense et on y rit. Différence sans doute entre Kurt Weill et le trop oublié Dessau. Nada Strancar remplit de sa présence magique (irrépressible mais écrasante jamais) la Grande Salle de la Colline, donnant sa juste place à chacun des éléments du spectacle qui, sans elle, pourrait friser la banalité, mais qu’elle élève au rang d’art. Je ne peux en dire plus, Nada Strancar est pour moi l’étoile.

Ce samedi 20 septembre devait avoir lieu une rencontre « lyrisme, satire et politique », animée par mon ami Gérald Garutti au Petit Théâtre de la Colline de 14h30 à 16h30. J’ignore encore si la rencontre aura lieu malgré tout.

Richard III n’aura pas lieu*, Ciné 13 Théâtre

Le metteur en scène soviétique Vsevolod Meyerhold répète Richard III sous l’œil très attentif de Moscou. Une farce-cauchemar de Matei Visniec. C’est au Ciné-13 Théâtre, petite salle charmante cachée dans son lierre à l’entrée de l’avenue Junot (Paris 18e). Cyclistes, ne vous découragez pas rue Lepic. Du 1er octobre au 2 novembre, au Ciné 13 Théâtre, 1 av. Junot, Paris 18e. Métro Lamarck ou Abbesses. Réservation au 01 42 51 13 79.

Bonjour Suzanne*, Passage vers les Étoiles

Une pièce de Nadia Laberche, qui dresse la chronique des rencontres entre Suzanne, une habituée du jardin public qui un jour sur deux se déplace en fauteuil roulant, et Justin, un type paumé qui commet un beau matin le scandale de s’asseoir sur LE banc. Le banc où chaque jour Suzanne maintient le rituel qui fait rester vivant.

Tous les mardis à 19h à partir du 16 septembre. C’est au Passage vers les Étoiles, 17 cité Joly, 75011 Paris, Métro Père Lachaise (ce n’est pas loin de Voltaire non plus). Réservation au 01.43.38.83.45.

Ô Temps ! Suspends ton vol !*, Théâtre de l’Île Saint Louis - Paul Rey

Une suite de trois récitals poétiques à l’affiche depuis près d’un an : un programme Hugo, un programme Baudelaire, et un troisième qui traque l’angoisse du temps dans la poésie de Rutebeuf à Rimbaud. Jean Le Couëdic est accompagné au piano par Robert Millardet ou Jean-Louis Bachelet.

Les concerts de piano de Robert Millardet sont magnifiques, il passe aussi en ce moment au Théâtre de l’Île Saint-Louis, généralement le mercredi. Horaires et conditions sur www.theatre-ilesaintlouis.com. Réservation au 01 46 33 48 65. Et à venir : un spectacle consacré aux Epîtres de Saint-Paul, sur lequel nous sommes en train de travailler.

(à voir) Tante Olga, Théâtre de la Huchette

Dernière née des comédies truculentes de Michel Heim, Tante Olga doit, je suppose, triturer un matériau issu d’Oncle Vania ou des Trois sœurs (un temps la pièce pensa s’appeler « les deux tantes ») pour le plus grand plaisir des spectateurs, dont je serai très bientôt.

Mise en scène de Jacques Legré, au Théâtre de la Huchette, 23 rue de la Huchette, 75005 Paris, Métro ou RER Saint-Michel. Du lundi au vendredi à 21h, le samedi à 15h30. Réservation au 01 42 81 35 23.

(à voir) Jean-Louis, Rues de Pontoise, le dimanche 21 septembre à 14h et à 17h30

Trois comédiens partent sur les traces du roi Louis dans les rues de Pontoise. Le chef de troupe, Jean Louis, réussira-t-il à jouer le rôle du roi sans y perdre sa propre identité ? En faisant dialoguer passé et présent devant des monuments de la ville, ce spectacle au texte résolument contemporain présente des épisodes choisis de la vie du roi tout en interrogeant notre rapport à l’histoire.

Texte de Guillermo Pisani, dramaturgie de Marion Boudier, mise en scène de Cécile Fraisse (Cie Nagananda). Le dimanche 21 septembre 2008 à 14h et à 17h30. Au départ du jardin du Musée Camille Pissaro. Pour vous y rendre : Paris Saint-Lazare gare SNCF Pontoise. Informations sur www.nagananda.com ou en écrivant à art@nagananda.com.

(à voir, à entendre) Quinte & Sens, Montreuil

http://www.myspace.com/5etsens.

J’ai entendu dire que les marronniers sont victimes aujourd’hui de divers parasites ; que le réchauffement climatique, les conduisant à fleurir deux fois l’an, les expose aux gelées destructrices et aux asthénies hivernales. Les marronniers, dit-on, ne sont pas l’arbre parigot par excellence, ils n’ont été introduits en France qu’au XVIIe siècle, et des fouilles indiquent sa présence, puis son extinction, dans les âges préhistoriques. Le marronnier, aujourd’hui, ce fidèle compagnon de toutes les vitres cassées de nos enfances, pourrait bien disparaître à nouveau de nos régions pour quelques millénaires.

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