Alors, en absence de votre prof d’histoire (mentalement déjà dans son gîte minable ou en randonnée en Ardèche), je me permets de vous proposer ces quelques révisions : du « bling-bling » au « bang-bang », du snobisme « primaire » au « secondaire », du snobisme « naïf » au « blasé ».
Comme d’habitude : ne les prenez pas pour des directives ! Je me contente seulement de créer des ambiances...
Un matin, par omission, Guillaume II d’Angleterre, chaussa les bottes de son laquais. Par curiosité, le roi lui demanda : « Combien coûtent ces bottes ? » « Trois shillings. » « Quoi ! Fils de chien ! Tu penses qu’un roi porte des chaussures à trois shillings ?! Va et achète-moi une paire pour au moins cent shillings ! « Alors, le laquais s’en alla et acheta une paire encore moins chère. Lorsque le roi les vit, il s’enthousiasma : « Enfin, voilà des bottes pour un roi ! »
Comme quoi, il faut se méfier des domestiques ! J’ai longuement évoqué cette question dans une chronique précédente.
Un marchand allemand richissime, nommé Anton Fugger, jeta les reconnaissances de dettes du roi Charles V, en présence de celui-ci, dans un feu phénoménal, de bâtons de cannelle, rien que pour confirmer sa fortune. De nos jours, la cannelle est évidemment moins coûteuse qu’à la Renaissance. On pourrait cependant aujourd’hui remplacer ce combustible par un bois rare et interdit.
Zogu I, roi d’Albanie, arrive au Ritz de Londres, après l’invasion de son pays par Mussolini. Le bagagiste a beaucoup de peine à soulever ses valises et demande ce qu’elles contiennent. « Oh, rien… », répondit le roi. « Juste un peu d’or. »
En voilà un bel exemple d’understatement !
Jean-Paul II fit construire une piscine luxueuse. En effet, il adorait nager, mais aussi pour des raisons de santé. A ceux qui critiquaient cet investissement, il répondait : « Après tout, ma piscine est moins coûteuse que l’organisation d’un nouveau conclave. » Ca doit quand même être pénible de toujours devoir se justifier !
Lorsque Bill Clinton fut mis en examen dans l’affaire Whitewater, Hillary n’était pas contente : « Je n’accepte pas qu’une instance quelconque met son nez dans nos affaires privées. Après tout, nous sommes le président ! »
N’est-ce pas touchant, une telle naïveté ?
Toujours à la Maison Blanche : John F. Kennedy fut critiqué lorsqu’il nomma son frère Robert comme ministre de la justice. « Je n’ai rien contre le fait que Robert se fasse un peu d’expérience comme ministre de la justice avant qu’il ouvre son cabinet d’avocat. »
Tout n’est qu’une question d’autorité !
Il est dit que Marie-Jean Marquis de Condorcet fut arrêté par les révolutionnaires, alors qu’il était habilement déguisé en artisan. Mais dans une auberge, où il demanda une chambre et une omelette, il fut reconnu. « Combien d’œufs ? », avait demandé l’aubergiste. Le nombre annoncé, (douze) avait suffit à le démasquer.
C’est bien vrai, l’habit ne fait pas le moine.
Le comte Claude-François Camille se vantait non seulement d’avoir un morceau de la croix du Christ, mais aussi le corps entier d’un saint authentique qu’il avait exposé comme porte-bonheur dans son salon.
Pensez de nos jours, aux bougies de chez Guerlain ou de chez Diptyque.
Pour fabriquer le mortier qui servit à la construction du célèbre Stephansdom de Vienne on utilisa du vin. Par snobisme ? En partie, oui : l’empereur Friedrich III en décidât ainsi, après avoir jugé le vin de 1456 trop indigne pour être consommé par ses sujets.
Imaginez la quantité de cathédrales qu’on pourrait bâtir avec le Beaujolais Nouveau !
Lorsqu’on transmit les salutations de Madame de Pompadour, connue comme la louve blanche dans toutes les Cours européennes, à Friedrich II, celui-ci réagit seulement par un « Connais pas… ».
Personnellement, c’est le genre de snobisme que j’adore.
Un jour, Margaret Thatcher amena ses ministres au restaurant. « Je prends un steak. », dit-elle au garçon. « Et les légumes ? », se renseigna celui-ci. « Comme moi, un steak aussi ! »
C’est une forme de snobisme qui est effectivement réservé à une certaine élite.
Une autre variante : Nelson Mandela engagea son gardien de prison comme cuisinier. Ou encore : le roi du Portugal, Carlos I, à la fin d’une visite, en conversation avec Edward VII d’Angleterre : « Alors, que pensez-vous de l’Angleterre ? » « Le roast-beef était excellent. » « C’est tout ?! » « Bon d’accord, la côtelette n’était pas mal non plus. »
Le grand-duc Cosimo III de la maison des Medicis était d’avis que l’activité sexuelle était mauvaise pour le corps. Ainsi, il n’avait de relations sexuelles qu’une fois par semaine, toujours avec un médecin à côté. A son opposé, le dernier Medici en date, Gian Gastone, n’a pas quitté son lit pendant des années pour raison d’une petite entorse. Il y reçut quotidiennement un ou plusieurs de ses 370 mignons.
Ce qui illustre parfaitement que le snobisme aime nager dans les eaux extrêmes, entre puritanisme et débauche...
Ce sera tout pour aujourd’hui !

Singulièrement vôtre,
Anton Moonen